Installation du matériel de suivi des paramètres environnementaux de l'observatoire du Sebou (O'Sebou), dans le cadre d'une collaboration entre l'Université Ibn Tofail, l'Agence du Bassin Hydraulique de Sebou, l'Agence de l'Eau Artois Picardie et l'Institut Polytechnique de Toulouse (INPT/CNR). 17062020 - Mechrâa Belksiri

Mechrâa Bel Ksiri: Installation d’un observatoire de l’environnement

Mechra Bel Ksiri – La station hydrologique de la ville de Mechrâa Bel Ksiri, dans la province de Sidi Kacem, s’est dotée d’un observatoire de l’hydrosystème fluvial, un dispositif de mesure à haute résolution de la pollution ou de la dégradation de la qualité des milieux du bassin versant du Sebou.

Ayant pour mission la mesure en continue de l’ensemble des paramètres physico-chimiques de base, mais aussi certains polluants organiques (pesticides) et inorganiques (métaux lourds) des milieux aquatiques du bassin versant du Sebou, en amont du barrage de garde et de la ville de Kénitra, cet observatoire baptisé “O’Sebou”, mis en service mercredi, consiste en l’installation d’un dispositif de mesure in situ et à haute résolution, en tant que système d’alerte vis à vis de la pollution ou de la dégradation de la qualité des milieux.

Né d’une collaboration entre l’université Ibn Tofail, l’Agence du bassin hydraulique du Sebou, l’Agence de l’eau Artois Picardie (France) et l’Institut polytechnique de Toulouse (France), cet observatoire vise à répondre aux enjeux et questions relatifs à l’hydrosystème du bassin du Sebou, à savoir la contribution respective du changement climatique et des activités socio-économiques aux modifications de la biodiversité et du fonctionnement des hydrosystèmes et des écosystèmes, les interactions entre les pratiques et les services écosystémiques, ainsi que les relations entre la disponibilité en ressources, leur accès et la structuration des populations humaine.

Par ailleurs, cette nouvelle installation scientifique, qui constitue également un laboratoire pour les classes vertes et les travaux pratiques des étudiants, confère une portée pédagogique pour les étudiants, à travers l’accueil de visites scolaires.

A ce titre, d’après le comité scientifique de suivi de l’observatoire, chaque année, une cinquantaine de jeunes, âgés de 16 à 23 ans, du bassin Artois Picardie et du bassin du Sebou, pourront participer à des séances plénières, à des échanges, à des groupes de travail et à des rencontres avec des experts de l’eau dans le cadre d’une école hydro-écologique franco-marocaine.

En outre, l’observatoire O’Sebou représente un moyen pour les partenaires de ce projet de communiquer autour des observations et du suivi des recherches qui y seront développées, ainsi qu’autour des actions qui seront menées à l’adresse du grand public, des associations actives dans le domaine de l’environnement, des usagers et des collectivités territoriales.

Dans une déclaration à la MAP, Souad Haida, professeure à l’Université Ibn Tofail de Kénitra et membre des comités scientifiques de suivi et de gestion de l’observatoire a expliqué que le fonctionnement du principal équipement de l’observatoire repose sur une “sonde multi-paramètres dotée de capteurs qui vont permettre de mesurer en temps réel la température, la conductivité, l’oxygénation, la teneur en chlorure et en nitrate, ainsi que la turbidité du bassin du Sebou”, notant que la mesure de la teneur en chlorure et en nitrate à l’aide d’un tel dispositif est une première au Maroc.

Après avoir noté que cette nouvelle installation permettra de déterminer la qualité de l’eau et de suivre en temps réel les paramètres environnementaux, Mme Haida a rappelé “les trois objectifs visés par l’installation de cet observatoire”, à savoir la recherche scientifique, la formation et la sensibilisation des jeunes à la problématique de l’environnement, ainsi que la mise en place d’une plateforme de communication entre spécialistes des eaux.